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Rivières de la nuit

Xavier Boissel

13.90

« Nous traversions l’archipel pris par les glaces où tout glissait silencieusement sur l’eau plombée, immobile – sternes, mouettes, poussière de lumière froide pour nous diriger vers un fjord, qui dessinait comme une longue ramification au cœur de la banquise. Dans ces lieux désolés, lorsque les étoiles se fanent une à une, que la nuit polaire se couche enfin, étire son aurore boréale comme un linge dans le ciel en feu, le regard s’abîme d’abord dans la blancheur crue du paysage ; ici, la lumière de l’aube entaille le dernier sommeil plus douloureusement qu’ailleurs ; on ouvre les yeux sur les moraines et les glaciers, tapissés d’algues, de mousses, de lichen, de champignons, sur les bouleaux nains et les maigres saules qui dressent leurs branches misérables vers le ciel ; dans les fissures des rochers, comme des araignées noires, les saxifrages se faufilent entre les pierres.

Bientôt, le bleu du ciel se confondait dans le bleu des eaux, cernées par un immense désert blanc. Le dauphin disparut. Tandis que de grosses gouttes de sueur perlaient sur mon front poisseux, le gardien blond annonçait notre arrivée dans une radio qui crachotait des parasites. Mon pouls s’accélérait, j’humectais mes lèvres sèches, de peur qu’elles ne se scellent irrémédiablement. Il faisait maintenant tout à fait jour à l’embouchure du fjord, des plaques d’eau douce miroitaient en surface et leur texture saumâtre, presque argentée en certains points, dessinait comme des nappes lumineuses. Nous longions lentement des berges escarpées, encore enneigées, caressées par les rayons du soleil. Nous remontions l’étroite vallée, vers le débarcadère où quelques silhouettes s’agitaient. Je protégeais mes yeux et à contre-jour, je la vis soudain surgir des glaces, surplombant le fjord, gigantesque masse sombre faisant saillie dans la montagne, barrant l’horizon, comme la coque d’un navire échoué, enfouie aux trois-quarts dans les neiges. On eût dit un bâtiment enseveli sous une avalanche et qu’on excavait avec labeur. C’était l’arche. »

 

Redoutant un cataclysme planétaire, une Fondation a construit dans les glaciers d’une île, au Pôle Nord, une chambre cryogénique censée préserver la diversité des espèces végétales – environ cinq millions d’échantillons – peuplant la planète. Elle charge Elja Osberg d’en être la sentinelle. Très vite, une catastrophe climatique de grande ampleur survient… Elja Osberg comprend qu’il est le dernier homme.

(en librairie le 28 août 2014)

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Description

Entretien Xavier Boissel

Pour écrire ce récit au-delà d’une apocalypse à laquelle nous faisons face, conséquence ultime de l’avidité marchande, Xavier Boissel s’est inspiré de l’édification, bien réelle, de la Réserve mondiale de semences du Svalbard. Ce deuxième roman, à paraître fin août 2014 aux éditions Inculte, (et dont la publication sera accompagnée de l’édition d’un 33 tours du compositeur Denis Frajerman) fait écho à «La minute prescrite pour l’assaut» de Jérôme Leroy ou au «Journal intime d’une prédatrice» de Philippe Vasset, et confirme, après « Autopsie des ombres », le talent impressionnant de l’auteur pour nous faire ressentir, dans une langue étonnamment poétique et visionnaire, la dissolution de l’homme dans l’horreur du monde moderne.

— Librairie Charybde